Registre de sécurité : le registre des vérifications et le registre incendie des ERP

Mis à jour le 30 septembre 2026 · 8 min de lecture

Dans ce guide

Derrière l'expression « registre de sécurité » se cachent deux documents différents : le registre des vérifications prévu par le Code du travail (article L4711-1), qui rassemble les contrôles santé-sécurité de l'entreprise, et le registre de sécurité incendie des établissements recevant du public (article R143-44 du Code de la construction et de l'habitation). Les confondre peut faire manquer une obligation.

Le registre des vérifications du Code du travail

L'article L4711-1 du Code du travail prévoit que les attestations, consignes, résultats et rapports relatifs aux vérifications et contrôles que l'employeur doit effectuer en matière de santé et de sécurité au travail comportent des mentions obligatoires déterminées par voie réglementaire. En pratique, ce registre rassemble dans un document unique les preuves des vérifications périodiques obligatoires : installations électriques, équipements de levage, appareils sous pression, système de ventilation, extincteurs, selon les équipements présents dans l'entreprise.

L'article L4711-2 précise que les observations et mises en demeure notifiées par l'inspection du travail en matière de santé, de sécurité, de médecine du travail et de prévention des risques sont également conservées par l'employeur. Ce registre facilite la consultation de l'ensemble de ces documents par le CSE, le médecin du travail et, le cas échéant, les représentants d'organismes professionnels d'hygiène et de sécurité.

Ce registre n'est pas propre à un secteur particulier : toute entreprise soumise à des vérifications périodiques obligatoires (électriques, machines, équipements de travail) doit pouvoir en présenter la trace.

En pratique, une petite entreprise n'a pas toujours d'équipement soumis à vérification périodique : un cabinet de conseil sans machine ni installation particulière peut n'avoir aucune vérification à consigner. À l'inverse, un atelier, un commerce avec chambre froide, ou un garage cumulent souvent plusieurs vérifications (installation électrique, appareils de levage, systèmes de chauffage), ce qui justifie de centraliser les rapports dans un seul registre plutôt que de les laisser dispersés entre plusieurs classeurs ou boîtes mail.

Comment constituer son registre, étape par étape

  1. Lister les équipements et installations de l'entreprise susceptibles d'être soumis à une vérification périodique (électricité, machines, appareils de levage, systèmes de chauffage ou de ventilation).
  2. Rassembler les derniers rapports déjà en possession de l'entreprise (organisme de contrôle, installateur, chauffagiste).
  3. Créer un classeur ou un dossier numérique unique, organisé par type d'équipement, avec une page de suivi des échéances à venir.
  4. Ajouter les observations de l'inspection du travail, le cas échéant, dès leur réception.
  5. Vérifier le registre avant chaque échéance de contrôle, pour relancer un organisme de vérification si une date approche.

Un registre qui n'existe pas encore ne part pas de zéro : la plupart des rapports de vérification ont déjà été transmis par les prestataires au fil des années, souvent par courriel ou courrier ; les regrouper dans un même classeur suffit à créer le registre. Cette reconstitution prend en général quelques heures pour une petite entreprise avec un ou deux équipements à suivre, contre plusieurs jours pour un site industriel comportant de nombreuses installations distinctes.

Le registre de sécurité incendie des ERP

Les établissements recevant du public (ERP), c'est-à-dire les locaux dans lesquels des personnes extérieures sont admises (commerces, restaurants, cabinets médicaux, hôtels, lieux de formation ouverts au public), sont soumis à une obligation distincte : tenir un registre de sécurité incendie, prévu par l'article R143-44 du Code de la construction et de l'habitation.

Ce registre doit consigner :

  1. L'état du personnel chargé du service de sécurité incendie ;
  2. Les consignes générales et particulières établies en cas d'incendie, y compris les consignes d'évacuation prenant en compte les différents types de handicap ;
  3. Les dates des vérifications et contrôles ainsi que les observations qui en résultent ;
  4. Les dates des travaux d'aménagement et de transformation, leur nature, et l'identité de l'entreprise et, le cas échéant, de l'architecte ou du technicien chargé de suivre les travaux ;
  5. Les dates des exercices d'évacuation et leurs observations : côté Code du travail, l'article R4227-39 impose de les consigner sur un registre tenu à la disposition de l'inspection du travail, et beaucoup d'ERP les reportent dans le même registre.

Ce registre est distinct du registre des vérifications du Code du travail, même si les deux peuvent se recouper (une vérification électrique concerne à la fois la sécurité des travailleurs et la sécurité incendie d'un ERP).

La catégorie de l'établissement (de la 1re à la 5e catégorie, selon l'effectif de public accueilli) détermine la fréquence des visites de la commission de sécurité, mais pas l'obligation de tenir le registre lui-même : même un petit commerce de 5e catégorie doit disposer d'un registre à jour, présentable à tout moment lors d'un contrôle.

La plupart des TPE et PME relèvent de la 5e catégorie, celle des établissements accueillant le moins de public au regard des seuils fixés par activité. Cette catégorie allège certaines contraintes de construction, mais ne dispense jamais de la tenue du registre : un salon de coiffure, un petit commerce ou un cabinet médical de 5e catégorie doivent pouvoir présenter le document à la première demande, au même titre qu'un établissement plus grand.

Faut-il un troisième registre pour les accidents bénins ?

Un troisième registre gravite souvent dans le même champ lexical : le registre des accidents bénins, qui répond à une logique différente (traçabilité des accidents du travail sans arrêt, prévue par le Code de la sécurité sociale). Ces trois registres poursuivent des objectifs distincts et ne se substituent pas l'un à l'autre.

Deux registres, deux logiques

Registre Base légale Obligé Contenu principal
Registre des vérifications (Code du travail) L4711-1, L4711-2 Toute entreprise avec équipements à vérifier Attestations, résultats de contrôles, observations de l'inspection du travail
Registre de sécurité incendie R143-44 CCH Établissements recevant du public (ERP) Personnel de sécurité, consignes incendie, dates de vérifications, travaux

Qui remplit et met à jour le registre ?

Dans les deux cas, la responsabilité revient à l'employeur ou à l'exploitant de l'établissement. Pour le registre de sécurité incendie, l'exploitant tient le document à disposition de la commission de sécurité lors de ses visites périodiques et le complète au fil des contrôles et des travaux réalisés. Pour le registre des vérifications, chaque organisme de contrôle ou prestataire ayant réalisé une vérification remet un rapport, que l'employeur classe et conserve.

Il n'existe pas de délai légal uniforme de conservation applicable à l'ensemble des documents de ces registres : chaque type de vérification (électrique, machines, appareils de levage) a son propre rythme de renouvellement, ce qui rend nécessaire de conserver au minimum les deux ou trois derniers rapports pour pouvoir suivre l'évolution d'une installation dans le temps, au-delà de la simple obligation de présenter le dernier contrôle en date.

Le registre selon le métier

Un restaurant, qui est à la fois employeur et souvent exploitant d'un ERP, doit tenir les deux registres en parallèle : le registre des vérifications pour la cuisine (installations électriques, hottes, chambres froides) et le registre de sécurité incendie pour la salle ouverte au public, voir le DUERP restaurant. Une boulangerie-pâtisserie avec vente directe suit la même logique, avec en plus le suivi spécifique des fours et équipements de cuisson, détaillé dans le DUERP boulangerie-pâtisserie. Un garage automobile, rarement un ERP au sens strict s'il ne reçoit pas de clientèle dans l'atelier, se concentre surtout sur le registre des vérifications : pont élévateur, installation électrique, compresseur d'air. Une crèche ou un cabinet dentaire, ouverts au public, cumulent les deux registres avec des exigences renforcées liées à l'accueil de personnes vulnérables.

Ce que cela change dans votre DUERP

Les vérifications périodiques et les observations consignées dans ces registres sont une source directe d'information pour le DUERP : une observation défavorable sur une installation électrique, par exemple, doit se traduire par une ligne de risque dans le document unique, avec une mesure de prévention et un délai de mise en conformité.

Unité de travail Constat du registre Risque associé Action à prévoir
Atelier (installation électrique) Observation défavorable lors de la vérification périodique Risque électrique Faire réaliser les travaux de mise en conformité, revérifier
Salle de restaurant (ERP) Extincteur non vérifié depuis plus d'un an Risque incendie Programmer la vérification annuelle des extincteurs

Exemple fictif, à adapter à la situation réelle de chaque entreprise. Sur le risque incendie lui-même, voir le risque incendie en entreprise.

Les erreurs fréquentes avec le registre de sécurité

  • Confondre les deux registres et penser qu'un seul document suffit pour toutes les obligations.
  • Ne pas classer les rapports de vérification au fur et à mesure, ce qui rend le registre incomplet lors d'un contrôle.
  • Oublier les observations de l'inspection du travail, qui doivent pourtant être conservées avec le reste du registre des vérifications.
  • Considérer que le registre de sécurité incendie ne concerne que les grands établissements : la catégorie de l'ERP change les modalités de contrôle, pas l'obligation de tenir le registre. Pour vérifier son statut de contrôle, voir contrôle et inspection du travail.
  • Ne pas distinguer les rôles : dans une entreprise qui est à la fois employeur et exploitant d'un ERP (un restaurant, par exemple), les deux registres coexistent et répondent chacun à leur propre logique de contrôle, sans se substituer l'un à l'autre.
  • Ne pas consigner les exercices d'évacuation, alors que l'article R4227-39 du Code du travail impose d'en noter la date et les observations sur un registre tenu à la disposition de l'inspection du travail.
  • Perdre les rapports d'un ancien prestataire lors d'un changement d'organisme de contrôle, sans les récupérer avant la rupture du contrat, ce qui oblige parfois à refaire une vérification déjà réalisée.

Registre de sécurité et registre unique du personnel : ne pas confondre

Le registre unique du personnel, qui recense l'ensemble des salariés de l'entreprise dans l'ordre de leur embauche, répond à une obligation totalement distincte, prévue par d'autres dispositions du Code du travail. Il n'a aucun lien avec le suivi des vérifications techniques ou la sécurité incendie, même si les deux documents partagent le mot « registre » et sont parfois confondus par méconnaissance. Une entreprise qui vient d'embaucher son premier salarié doit ouvrir ce registre du personnel indépendamment de la question du registre de sécurité, qui dépend, elle, de la présence d'équipements à vérifier ou du statut d'ERP.

Préparer votre DUERP pas à pas

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Ce contenu est une information générale et ne constitue pas un conseil juridique ; l'employeur ou l'exploitant reste responsable de la tenue de ses registres et de l'évaluation des risques de son entreprise.

Questions fréquentes

Le registre de sécurité et le registre unique du personnel sont-ils le même document ?

Non. Le registre de sécurité rassemble les documents relatifs aux vérifications et contrôles de santé et de sécurité au travail (article L4711-1 du Code du travail). Le registre unique du personnel recense les salariés de l'entreprise. Ce sont deux registres obligatoires distincts, qui ne répondent pas aux mêmes obligations.

Faut-il un registre de sécurité incendie dans un simple bureau ?

Le registre de sécurité incendie prévu par l'article R143-44 du Code de la construction et de l'habitation concerne les établissements recevant du public (ERP) : commerces, restaurants, cabinets ouverts à la clientèle. Un bureau qui ne reçoit pas de public n'est en principe pas un ERP et n'est pas soumis à cette obligation spécifique, mais reste concerné par le registre des vérifications du Code du travail dès qu'il a des équipements à contrôler.

Le registre de sécurité peut-il être tenu au format numérique ?

Rien n'impose un format papier. Un registre tenu sous forme numérique, à condition d'être facilement consultable et de permettre de retrouver l'historique complet des vérifications, des observations et des travaux, répond à l'objectif des textes qui exigent que ces informations soient rassemblées et accessibles.

Que risque une entreprise sans registre de sécurité à jour ?

Pour un ERP, l'absence ou le caractère incomplet du registre de sécurité incendie peut conduire à un avis défavorable de la commission de sécurité, une mise en demeure, voire une fermeture administrative. Pour le registre des vérifications du Code du travail, l'absence de documents complets constitue un manquement relevé lors d'un contrôle de l'inspection du travail.