Un modèle de document unique doit, au minimum, permettre de renseigner les unités de travail, l'inventaire des risques de chacune, leur cotation et les actions de prévention associées (article R4121-1 du Code du travail). Un modèle vierge est un bon point de départ, mais sa valeur dépend entièrement de ce qu'on y met : un document rempli de façon générique protège peu l'entreprise en cas de contrôle.
Ce qu'un modèle doit contenir
Pour répondre au contenu minimal prévu par le Code du travail, un modèle de document unique — quel que soit son format (tableur, document texte, PDF) — doit permettre de renseigner :
- la liste des unités de travail de l'entreprise (postes, services, situations de travail) ;
- pour chaque unité, l'inventaire des risques identifiés ;
- une cotation de chaque risque, pour les hiérarchiser (gravité, fréquence, niveau de maîtrise existant) ;
- les actions de prévention décidées, avec un responsable et une échéance ;
- la date d'établissement et, à chaque révision, la date de mise à jour, pour constituer l'historique des versions.
Les limites d'un modèle vierge
Un modèle vierge, aussi bien construit soit-il, ne contient par définition aucun risque pré-identifié : c'est à l'employeur de les recenser lui-même, poste par poste. Pour une petite entreprise sans compétence interne en santé-sécurité, cette étape est souvent la plus chronophage et la plus source d'erreurs : oubli de risques peu visibles (troubles musculo-squelettiques, risques psychosociaux), découpage trop générique des unités de travail, ou cotation approximative faute de méthode.
Un modèle vierge rempli rapidement, avec des mentions vagues (« divers risques », « RAS ») ne répond pas à l'exigence d'un inventaire réel des risques par unité de travail. C'est précisément ce type de document, trop générique pour refléter la situation réelle de l'entreprise, qui est le plus exposé en cas de contrôle.
Les colonnes de la grille de cotation
Une grille de cotation associe généralement, pour chaque risque identifié, les colonnes suivantes :
| Colonne | Rôle |
|---|---|
| Unité de travail | Poste ou situation concernée |
| Risque identifié | Description précise du danger |
| Gravité (G) | Conséquence potentielle si le risque se réalise |
| Fréquence (F) | Régularité de l'exposition des salariés au risque |
| Maîtrise (M) | Niveau des mesures de prévention déjà en place |
| Niveau de risque | Résultat du croisement G × F × M, pour prioriser |
| Action de prévention | Mesure prévue pour réduire le risque |
| Responsable / échéance | Qui pilote l'action et pour quand |
Notre page dédiée à la méthode de cotation détaille le fonctionnement précis de ce calcul et les seuils qui définissent un risque prioritaire.
Exemple de lignes pour deux métiers
| Métier | Unité de travail | Risque identifié | Action de prévention |
|---|---|---|---|
| Restaurant | Cuisine | Brûlures au contact des plaques et fours | Port d'équipements de protection, procédure de manipulation des plats chauds |
| Restaurant | Salle | Chutes de plain-pied liées aux sols glissants | Nettoyage immédiat des sols, signalétique de sol mouillé |
| BTP | Chantier gros œuvre | Chutes de hauteur lors des travaux en élévation | Port du harnais, vérification des protections collectives (garde-corps) |
| BTP | Chantier gros œuvre | Manutention manuelle de charges lourdes | Formation gestes et postures, mise à disposition d'aides à la manutention |
Ces exemples illustrent le niveau de détail attendu ; ils ne remplacent pas un inventaire réel, propre aux postes de l'entreprise concernée. Les référentiels sectoriels de l'INRS et les outils OiRA listent des risques plus complets et plus précis pour chaque métier.
Où trouver des modèles gratuits
L'INRS publie des fiches et des ressources gratuites par secteur d'activité, qui listent les risques les plus fréquents d'un métier. L'outil OiRA (Online interactive Risk Assessment), également porté par l'INRS, permet de construire un document unique sectoriel par questionnaire guidé, gratuitement, pour de nombreux secteurs. Ces outils constituent une base fiable et reconnue pour démarrer, en particulier pour une première évaluation ou un budget limité.
Du modèle vierge à la version personnalisée
Un modèle vierge convient pour une entreprise qui a le temps de mener elle-même le travail d'identification des risques. Pour gagner du temps, un générateur en ligne peut proposer une liste de risques déjà pré-remplie pour le métier choisi, à partir des mêmes référentiels (INRS, OiRA), que l'employeur n'a plus qu'à vérifier, ajuster et compléter selon la réalité de son entreprise — avant de l'exporter en PDF, Word ou Excel.
Pourquoi un modèle générique atteint vite ses limites
Un modèle vierge traite tous les métiers de la même façon : la structure des colonnes est identique, que l'entreprise soit un restaurant, un cabinet de conseil ou un chantier de BTP. Or les risques réels varient énormément d'un secteur à l'autre, aussi bien dans leur nature que dans leur gravité. Un questionnaire pré-rempli par métier permet d'identifier plus vite les risques les plus probables d'une activité donnée, en s'appuyant sur les mêmes référentiels publics (INRS, OiRA) qu'un modèle vierge, mais en évitant à l'employeur de partir d'une page blanche. La vigilance reste la même dans les deux cas : vérifier que le contenu correspond bien à la réalité de l'entreprise avant de considérer le document comme finalisé.
Ce contenu est un modèle à adapter à la situation réelle de l'entreprise ; il ne constitue pas un conseil juridique.
Questions fréquentes
Où trouver un modèle de document unique gratuit ?
L'INRS met à disposition des fiches et des outils gratuits, et l'outil OiRA (Online interactive Risk Assessment) permet de construire un document unique sectoriel par questionnaire, gratuitement, pour de nombreux métiers.
Un modèle de DUERP vierge suffit-il pour être en conformité ?
Non. Un modèle vierge liste des colonnes à remplir, mais c'est le contenu réel — les risques propres à l'entreprise, correctement cotés — qui fait la valeur du document. Un modèle rempli de façon générique, sans lien avec les postes réels de l'entreprise, est un motif fréquent de contestation en cas de contrôle.
Quelle est la différence entre un modèle et un document personnalisé ?
Un modèle propose une trame vierge à remplir soi-même. Un document personnalisé, généré à partir des risques réels d'un métier, fait gagner du temps sur l'identification des risques les plus fréquents, mais doit toujours être vérifié et ajusté par l'employeur.