Chiffres des accidents du travail : les données 2024

Mis à jour le 1er novembre 2026 · 6 min de lecture

Dans ce guide

En 2024, le régime général a enregistré 549 614 accidents du travail avec arrêt ou incapacité permanente, soit 1,1 % de moins qu'en 2023, et 764 décès liés à un accident du travail, selon le rapport annuel de l'Assurance Maladie – Risques professionnels publié le 18 novembre 2025. Les maladies professionnelles ont augmenté de 6,7 %, tirées par les troubles musculosquelettiques. Chaque chiffre de ce guide est daté et sourcé.

Les accidents du travail ont-ils diminué en 2024 ?

Oui, légèrement. Le nombre d'accidents du travail avec arrêt ou incapacité permanente a reculé de 1,1 % pour atteindre 549 614 en 2024, pour près de 20,8 millions de salariés couverts. L'indice de fréquence, qui mesure le nombre d'accidents pour 1 000 salariés, s'établit à 26,4 en 2024, contre 26,8 en 2023 (- 1,4 %), selon le rapport annuel 2024 de l'Assurance Maladie – Risques professionnels. Ces accidents ont représenté plus de 54 millions de journées d'arrêt de travail. Cette baisse s'inscrit dans la première année de la convention d'objectifs et de gestion AT/MP 2023-2028, qui fixe des objectifs pluriannuels de réduction de la sinistralité au travail.

Cette baisse reste modérée et ne doit pas être interprétée comme un recul généralisé du risque professionnel : elle porte sur un indice global, qui peut masquer des évolutions différentes selon les secteurs d'activité. Une entreprise ne peut pas déduire de cette moyenne nationale que ses propres risques ont diminué, sans les avoir réévalués elle-même.

Que montrent les chiffres des accidents de trajet ?

Les accidents de trajet, c'est-à-dire survenus sur le parcours entre le domicile et le lieu de travail, ont connu une évolution inverse : une légère progression de 0,7 % en 2024 par rapport à 2023, avec un indice de fréquence de 4,6. Cette tendance contraste avec la baisse des accidents du travail proprement dits, ce qui souligne que le risque routier professionnel reste un enjeu de prévention distinct des risques présents sur le lieu de travail lui-même.

Cette distinction compte pour le document unique : un accident de trajet n'entre pas dans le même cadre de prévention qu'un accident survenu sur le lieu de travail, puisque l'employeur a moins de prise directe sur le parcours domicile-travail. Certaines mesures restent toutefois pertinentes, comme la sensibilisation à la sécurité routière ou l'aménagement des horaires pour limiter les trajets aux heures de plus forte affluence.

Quelles sont les causes principales des accidents du travail ?

La manutention manuelle reste de loin la première cause : elle est à l'origine de la moitié des accidents du travail codés en 2024, selon la classification publiée dans le rapport annuel de l'Assurance Maladie – Risques professionnels. Viennent ensuite les chutes de plain-pied et les chutes de hauteur, qui représentent ensemble plus du quart des accidents.

Risque à l'origine de l'accident (2024) Part des accidents du travail codés
Manutention manuelle 50 %
Chutes de plain-pied 15 %
Chutes de hauteur 12 %
Outillage à main 8 %
Agressions (y compris par animaux) 5 %

Ces proportions valent pour les accidents dont l'origine a été codée ; le rapport précise qu'il s'agit d'une première approche statistique. Elles suffisent toutefois à montrer où porter l'effort dans la plupart des entreprises.

Les maladies professionnelles : une hausse continue

Les maladies professionnelles ayant donné lieu à un arrêt ou à une incapacité permanente ont augmenté de 6,7 % en 2024 par rapport à 2023, pour atteindre 50 598 cas, selon le rapport annuel de l'Assurance Maladie – Risques professionnels. Trois évolutions marquent particulièrement cette hausse :

  • les troubles musculosquelettiques (TMS), qui représentent près de 90 % des maladies professionnelles reconnues, ont augmenté de 6,6 % ;
  • les pathologies liées à l'amiante ont progressé de 8,5 % ;
  • les maladies professionnelles hors tableau, notamment les affections psychiques, ont augmenté de 9 %.

Cette prépondérance des TMS confirme l'importance de la prévention de la manutention manuelle de charges et des troubles musculosquelettiques dans le document unique de la plupart des entreprises, quel que soit leur secteur.

La hausse des maladies professionnelles hors tableau, notamment les affections psychiques, mérite une attention particulière : elle traduit une reconnaissance croissante de pathologies plus difficiles à objectiver qu'une blessure physique, ce qui renforce l'intérêt d'évaluer les risques psychosociaux au même titre que les risques physiques dans le document unique.

Les décès liés au travail en 2024

Le rapport annuel 2024 recense 1 297 décès au total dans le champ des risques professionnels, 10 de plus qu'en 2023, répartis en trois catégories : 764 décès consécutifs à un accident du travail, 318 décès consécutifs à un accident de trajet, et 215 décès consécutifs à une maladie professionnelle. Ces trois catégories obéissent à des logiques de prévention différentes : un accident du travail relève des mesures propres au poste, un accident de trajet du risque routier, une maladie professionnelle d'une exposition prolongée identifiée souvent plusieurs années avant le décès.

Le rapport précise que les malaises restent la cause de plus de la moitié des décès consécutifs à un accident du travail, et que 222 des 318 décès liés à un accident de trajet sont d'origine routière. Autre point à souligner : un décès classé « maladie professionnelle » en 2024 peut résulter d'une exposition survenue plusieurs décennies plus tôt, notamment pour les pathologies liées à l'amiante. Ce décalage dans le temps explique pourquoi certaines conséquences graves d'une exposition professionnelle n'apparaissent dans les statistiques que longtemps après les faits, ce qui justifie une prévention précoce plutôt qu'une réaction une fois les premiers symptômes apparus.

Tableau récapitulatif des chiffres 2024

Indicateur Valeur 2024 Évolution vs 2023
Accidents du travail avec arrêt ou incapacité permanente 549 614 - 1,1 %
Indice de fréquence des accidents du travail 26,4 pour 1 000 salariés 26,8 en 2023
Accidents de trajet avec arrêt ou incapacité permanente 94 654 + 0,7 %
Indice de fréquence des accidents de trajet 4,6 pour 1 000 salariés
Maladies professionnelles avec arrêt ou incapacité permanente 50 598 + 6,7 %
Troubles musculosquelettiques Près de 90 % des maladies professionnelles + 6,6 %
Décès consécutifs à un accident du travail 764 5 de plus qu'en 2023
Décès consécutifs à un accident de trajet 318 14 de moins qu'en 2023
Décès consécutifs à une maladie professionnelle 215 19 de plus qu'en 2023

Source : rapport annuel 2024 de l'Assurance Maladie – Risques professionnels, 18 novembre 2025, données du régime général.

Pourquoi ces chiffres concernent le DUERP de chaque entreprise ?

Ces données nationales confirment ce que l'évaluation des risques doit traiter en priorité dans la plupart des entreprises : les troubles musculosquelettiques, liés à la manutention et aux gestes répétitifs, restent la première cause de maladie professionnelle, loin devant les autres pathologies. Les chutes de plain-pied et de hauteur restent également une cause fréquente d'accident du travail dans de nombreux secteurs. Ces tendances nationales ne dispensent pas d'évaluer les risques propres à chaque entreprise, mais elles indiquent où porter une attention particulière lors de la rédaction du document unique.

Un dirigeant qui découvre ces chiffres pour la première fois peut s'en servir comme point de départ pour vérifier son propre document : son DUERP traite-t-il sérieusement la manutention et les TMS, qui concentrent la grande majorité des maladies professionnelles reconnues au niveau national, ou se concentre-t-il uniquement sur des risques plus visibles mais statistiquement moins fréquents ? Cette relecture ne remplace pas une évaluation propre à l'entreprise, mais elle aide à vérifier qu'aucun risque majeur n'a été oublié.

Ce que cela change dans votre DUERP

Exemple fictif d'utilisation de ces données nationales pour orienter l'évaluation dans une petite entreprise de commerce :

Unité de travail Danger identifié à partir des tendances nationales Mesures existantes Action à prévoir
Réserve et manutention Troubles musculosquelettiques liés au port de charges Diable disponible Former les salariés aux gestes et postures

Cet exemple est fictif et présenté à titre d'illustration : les statistiques nationales orientent la vigilance, mais chaque entreprise doit évaluer ses propres risques réels, pas seulement les tendances les plus fréquentes au niveau national.

Ce contenu est une information générale et ne constitue pas un conseil juridique ; l'employeur reste responsable de l'évaluation des risques propres à son entreprise, indépendamment des tendances nationales rapportées ici.

Questions fréquentes

Les accidents du travail ont-ils augmenté ou diminué en 2024 ?

Ils ont légèrement diminué. Selon le rapport annuel 2024 de l'Assurance Maladie – Risques professionnels, le régime général a compté 549 614 accidents du travail avec arrêt ou incapacité permanente en 2024, soit 1,1 % de moins qu'en 2023. L'indice de fréquence est passé de 26,8 à 26,4 accidents pour 1 000 salariés.

Combien de personnes sont mortes d'un accident du travail en 2024 ?

En 2024, 764 décès ont été recensés à la suite d'un accident du travail, auxquels s'ajoutent 318 décès liés à un accident de trajet et 215 décès liés à une maladie professionnelle, selon le rapport annuel 2024 de l'Assurance Maladie – Risques professionnels.

Quelle est la première cause de maladie professionnelle en France ?

Les troubles musculosquelettiques (TMS) restent la première cause de maladie professionnelle reconnue, avec près de 90 % des maladies professionnelles en 2024, selon le rapport annuel de l'Assurance Maladie – Risques professionnels, qui note une hausse de 6,6 % de ces troubles par rapport à 2023.

Quelle est la première cause d'accident du travail ?

La manutention manuelle est à l'origine de la moitié des accidents du travail codés en 2024, devant les chutes de plain-pied (15 %) et les chutes de hauteur (12 %), selon le rapport annuel 2024 de l'Assurance Maladie – Risques professionnels. Ces trois risques figurent donc en tête des points à évaluer dans le document unique.

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