Dans ce guide
Le froid peut gêner la dextérité, réduire le confort et contribuer aux accidents ou aux troubles de santé. L’exposition ne se résume pas à lire la température ambiante : le vent, l’humidité, les courants d’air, l’effort, la durée et les vêtements portés modifient la situation. Les chambres froides, les postes extérieurs et les transitions répétées entre zones méritent une attention particulière.
Repérer les situations réellement exposantes
Parcourez une journée de travail avec les personnes concernées. Notez les lieux et tâches, les horaires, les durées passées au froid, les déplacements et les temps de récupération. Relevez les courants d’air, surfaces froides, sols humides et changements de température. Interrogez les travailleurs sur la perte de sensibilité, les difficultés de préhension, l’inconfort et les incidents : ces retours aident à repérer les situations à approfondir.
L’INRS recommande une vigilance particulière lorsque la température est inférieure à 5 °C, mais ce repère ne constitue pas un seuil juridique applicable à toutes les situations. Une activité peu mobile, humide ou exposée au vent peut nécessiter des mesures dans d’autres conditions. Faites préciser l’analyse si des symptômes ou des expositions inhabituelles apparaissent.
Réduire l’exposition à la source
Avant de s’appuyer sur des vêtements, regardez si le travail peut être organisé ou aménagé pour limiter l’exposition : protéger le poste du vent, réduire les entrées d’air froid, isoler les surfaces froides, mécaniser une tâche ou rapprocher les moyens nécessaires. Pour les locaux frigorifiques, vérifiez l’accès, l’éclairage, les dispositifs d’alarme et les consignes adaptées à l’installation.
Quand l’exposition ne peut être supprimée, planifiez les tâches en tenant compte des périodes froides, prévoyez des pauses dans un endroit adapté et évitez les attentes immobiles prolongées. Les vêtements doivent permettre le mouvement et rester compatibles avec les autres risques du poste. Les gants ne doivent pas rendre dangereuse une tâche nécessitant une bonne dextérité.
Mettre à jour l’évaluation et suivre les actions
Dans le document unique, reliez le risque aux unités et tâches concernées. Décrivez les mesures en place, puis formulez des actions vérifiables : aménager une zone abritée, réorganiser une séquence, contrôler un dispositif de chambre froide ou tester des vêtements compatibles. Attribuez un responsable et une échéance réaliste. Réévaluez après changement d’activité, d’équipement ou de local.
Cet exemple de démarche ne remplace pas l’évaluation propre à l’entreprise ni l’avis des professionnels de prévention ou de santé au travail.
Questions fréquentes
Existe-t-il une température unique qui déclenche les obligations de prévention ?
L’INRS recommande une vigilance particulière lorsque la température descend sous 5 °C, mais ce repère n’est pas un seuil réglementaire universel. L’évaluation dépend aussi du vent, de l’humidité, de l’activité, de la durée et des personnes exposées.
Le froid concerne-t-il seulement le travail à l’extérieur ?
Non. Les chambres froides, les quais, les locaux mal chauffés et les alternances entre zones chaudes et froides peuvent également exposer les travailleurs.
Que faut-il inscrire dans le DUERP ?
Décrivez les tâches, les lieux, les périodes, les facteurs aggravants et les personnes exposées, puis indiquez les mesures existantes et les actions à décider. Adaptez l’analyse à votre activité.