Checklist DUERP : les points à vérifier avant un contrôle

Mis à jour le 24 septembre 2026 · 7 min de lecture

Dans ce guide

Cette checklist DUERP regroupe 20 points à vérifier, répartis en cinq blocs : existence et forme, contenu, cotation et actions, mise à jour, diffusion et conservation. Chaque point indique s'il s'agit d'une obligation légale ou d'une bonne pratique. Un diagnostic gratuit en 9 questions permet un premier repérage rapide avant d'aller plus loin.

Bloc 1 : existence et forme du document

Ce premier bloc vérifie que le document existe réellement, sous une forme exploitable, avant même de s'intéresser à son contenu détaillé. Une entreprise qui n'a jamais formalisé son évaluation des risques, même mentalement correcte, ne respecte pas cette première exigence.

  1. Le document unique existe-t-il, sous une forme écrite (papier ou numérique) ? Obligation légale dès le premier salarié (articles L4121-3 et R4121-1 du Code du travail).
  2. Le document est-il daté ? Bonne pratique, indispensable pour prouver le respect du calendrier de mise à jour.
  3. Le document précise-t-il l'effectif de l'entreprise au moment de sa rédaction ? Bonne pratique, utile pour situer les obligations applicables (mise à jour annuelle, PAPRIPACT).
  4. Le document est-il structuré par unité de travail, plutôt que rédigé en vrac ? Obligation légale de fond (article R4121-1).

Bloc 2 : contenu de l'évaluation

Ce deuxième bloc porte sur le cœur du document : les risques réellement identifiés, et non une liste générique recopiée d'un modèle sans vérification. C'est souvent ici que se trouvent les manques les plus fréquents, car il est plus facile de produire un document formellement complet que d'y faire figurer tous les risques réels de l'entreprise.

  1. Chaque unité de travail liste-t-elle les risques identifiés, pas seulement les risques les plus visibles ? Obligation légale de fond (article R4121-1).
  2. Les activités annexes (nettoyage, livraison, télétravail partiel) sont-elles couvertes, pas seulement le métier principal ? Bonne pratique, souvent oubliée.
  3. Le document mentionne-t-il les mesures de prévention déjà en place pour chaque risque, pas seulement le risque lui-même ? Bonne pratique fortement recommandée.
  4. Les postes à risques particuliers (intérimaires, CDD, jeunes travailleurs) sont-ils identifiés spécifiquement quand l'entreprise en emploie ? Obligation légale pour les postes concernés (articles L4154-2 et D4153-15).

Bloc 3 : cotation et actions

Un DUERP qui liste les risques sans les prioriser ni en tirer d'actions reste un constat sans suite. Ce troisième bloc vérifie que l'évaluation débouche réellement sur des décisions, pas seulement sur un inventaire.

  1. Chaque risque est-il coté (gravité, fréquence), ou seulement listé sans hiérarchie ? Bonne pratique, utile pour prioriser, non imposée dans une forme précise par un texte.
  2. La méthode de cotation est-elle la même d'une unité de travail à l'autre ? Bonne pratique, nécessaire pour comparer les risques entre eux.
  3. Un plan d'action découle-t-il de l'évaluation, avec des actions datées ? Obligation légale en dessous de 50 salariés (article L4121-3-1).
  4. Pour les entreprises de 50 salariés et plus, un PAPRIPACT formalisé existe-t-il et a-t-il été présenté au CSE ? Obligation légale (article L4121-3-1).

Bloc 4 : mise à jour et versions

Un document unique daté d'il y a plusieurs années, jamais retouché depuis, ne protège plus grand-chose : l'entreprise change, et le document doit suivre. Ce bloc vérifie le respect du calendrier de révision et la conservation de l'historique.

  1. Le document a-t-il été mis à jour au moins une fois par an si l'entreprise compte 11 salariés ou plus ? Obligation légale (article R4121-2).
  2. En dessous de 11 salariés, le document a-t-il été révisé après chaque changement important (nouveau poste, déménagement, nouvel équipement) ? Obligation légale (article R4121-2).
  3. Les anciennes versions du document sont-elles conservées, plutôt qu'écrasées par la nouvelle ? Obligation légale, conservation 40 ans (article R4121-4).
  4. Chaque version porte-t-elle une date claire, permettant de reconstituer l'historique des révisions ? Bonne pratique indispensable pour prouver le respect de l'obligation de mise à jour.

Bloc 5 : diffusion et conservation

Un document parfaitement rédigé mais rangé dans un tiroir, jamais transmis ni consulté, perd une grande partie de son utilité. Ce dernier bloc vérifie que le document vit réellement dans l'entreprise, au-delà de sa seule rédaction.

  1. Le document est-il accessible aux salariés qui souhaitent le consulter, et un avis indique-t-il où et comment le consulter ? Obligation légale (article R4121-4) : le document est tenu à la disposition des travailleurs et des anciens travailleurs.
  2. Le document est-il transmis au service de prévention et de santé au travail après chaque mise à jour ? Obligation légale depuis le 31 mars 2022 (article L4121-3-1).
  3. Le CSE, s'il existe, a-t-il été consulté sur le document et ses mises à jour ? Obligation légale quand un CSE existe dans l'entreprise.
  4. Le document est-il conservé dans un lieu identifié, retrouvable en cas de contrôle de l'inspection du travail ? Bonne pratique indispensable en pratique.

Où trouver la liste des risques à intégrer dans le DUERP ?

Il n'existe pas de liste légale unique et figée des risques professionnels : le Code du travail impose d'évaluer les risques réels de chaque unité de travail, pas de cocher une liste nationale. L'INRS publie néanmoins des repères par famille de risques (chutes, manutention, bruit, agents chimiques, risque routier, risques psychosociaux, entre autres), utiles comme point de départ pour vérifier qu'aucune famille courante n'a été oubliée. Ces repères restent des recommandations à adapter, pas une checklist à recopier telle quelle : deux entreprises du même secteur peuvent avoir des risques différents selon leurs locaux et leur organisation réelle.

Quelles nouveautés pour le DUERP en 2026 ?

Deux évolutions récentes complètent la checklist. D'une part, les ambiances thermiques figurent désormais explicitement parmi les risques à inventorier par unité de travail (article R4121-1), à la suite du décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 sur la prévention des épisodes de chaleur intense : une entreprise exposée à des postes en extérieur ou en atelier chaud doit vérifier que ce point figure bien dans son document. D'autre part, depuis le 27 juin 2026, l'absence de DUERP peut donner lieu à une amende administrative pouvant atteindre 4 000 € par travailleur concerné (loi n° 2026-534 du 25 juin 2026), ce qui renforce l'intérêt de passer cette checklist avant un contrôle. Voir l'amende DUERP 2026 pour le détail des montants et des conditions.

Comment utiliser cette checklist DUERP ?

Cette checklist ne remplace pas une relecture complète du document, mais elle permet un premier repérage rapide des manques les plus fréquents. Un « non » à l'un des points marqués obligation légale signale un point à corriger en priorité, avant même de chercher à améliorer les points marqués bonne pratique. Un « non » à un point de bonne pratique n'est pas une non-conformité au sens strict, mais reste un signal que le document unique pourrait mieux protéger l'entreprise en cas de contrôle ou d'accident.

Une façon simple de s'en servir : parcourir les cinq blocs dans l'ordre, noter chaque « oui » et chaque « non », puis classer les « non » selon qu'ils portent sur une obligation légale ou une bonne pratique. Ce classement donne directement un ordre de priorité pour corriger le document, sans avoir à deviner par où commencer.

Que se passe-t-il si la checklist révèle des manques ?

Un DUERP incomplet ne doit pas être abandonné : il doit être complété, point par point, en commençant par les obligations légales. Beaucoup de petites entreprises découvrent, en passant cette checklist, qu'elles ont un document existant mais jamais mis à jour, ou un document complet mais jamais transmis au service de prévention et de santé au travail. Ces manques se corrigent en général en quelques heures de travail, sans repartir de zéro.

Le cas le plus fréquent reste celui d'un document rédigé une seule fois, au moment de la création de l'entreprise, puis jamais retouché malgré des changements réels (nouveaux postes, nouveaux locaux, nouveaux équipements). Dans ce cas, la checklist révèle surtout des manques dans le bloc « mise à jour et versions », plus que dans le contenu initial, qui peut rester globalement valable pour les unités de travail inchangées.

Ce que cela change dans votre DUERP

La checklist peut être utilisée comme grille de relecture avant de valider une nouvelle version du document. Exemple fictif de suivi pour une petite entreprise :

Bloc Points vérifiés Points à corriger
Existence et forme 4 sur 4 Aucun
Contenu 3 sur 4 Activités annexes (livraison) à ajouter
Cotation et actions 4 sur 4 Aucun
Mise à jour et versions 3 sur 4 Anciennes versions à conserver
Diffusion et conservation 3 sur 4 Transmission au service de prévention à formaliser

Cet exemple est fictif et présenté à titre d'illustration : chaque entreprise doit passer sa propre checklist pour identifier ses manques réels.

Ce contenu est une information générale et ne constitue pas un conseil juridique ; l'employeur reste responsable de la conformité de son document unique.

Questions fréquentes

Un DUERP incomplet vaut-il mieux que pas de DUERP du tout ?

Oui, un document incomplet mais réel, daté et fondé sur une vraie évaluation vaut mieux qu'une absence totale de document. L'important est de partir de cette base et de la compléter progressivement, notamment lors des mises à jour, plutôt que d'attendre d'avoir un document parfait pour commencer.

Faut-il refaire toute la checklist à chaque mise à jour du DUERP ?

Non, mais une relecture rapide des 20 points reste utile à chaque mise à jour, pour vérifier que rien n'a été oublié entre-temps : un nouveau poste non évalué, une version antérieure non conservée, ou une diffusion qui n'a pas suivi la dernière révision.

Que vérifie un contrôle de l'inspection du travail sur le DUERP ?

L'inspection du travail peut demander la présentation du document unique et vérifier son existence, sa mise à jour et son accessibilité. Elle peut aussi examiner si le contenu correspond réellement aux risques de l'entreprise, pas seulement la forme du document.

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